Internet et les régionales (1) : la révolution des contenus est-elle en marche ?

Internet et les régionales  (1) : la révolution des contenus est-elle en marche ? Politique

(visuel, licence CC)

Attention, scoop. Figurez-vous que, contrairement aux apparences, la campagne électorale des régionales sur internet ne se résume pas uniquement au simple affrontement à distance entre La Coopol et Les Créateurs de possibles – les deux nouveaux réseaux sociaux créés respectivement par le Parti socialiste et l’UMP dont vous n’avez de cesse d’entendre parler depuis quelques semaines.

Eh oui : chez RSLNmag.fr, on a l’impression que cette campagne des régionales 2010 marque également une évolution nette sur les sites classiques des partis. On s’explique : c’est la première fois, nous semble-t-il, que l’on parle autant de contenus, au point que certains sites basculent du champ purement institutionnel, vers un modèle plus proche des sites d’actu ou de commentaire de l’actu.

Conditions de production de ces nouveaux contenus, mise en circulation, conséquences sur les liens entre campagnes en ligne et sur le terrain au sein des deux principaux partis français : nous vous proposons un petit voyage au pays de ces nouvelles manières de faire de la politique à l’ère du numérique.

On commence par un coup de fil au Parti socialiste. C’est Emile Josselin, dont le titre est déjà une bonne indication de cette évolution, qui répond : à 28 ans, il est le « responsable des contenus web » du PS - un poste qu’il occupe depuis le milieu du mois de décembre et dont la création a été concommitante à une augmentation de l’équipe « web » du parti :  « Nous sommes désormais une équipe de sept personnes, contre deux auparavant. »

A l’occasion de la mise en ligne d’une nouvelle version du site, début janvier, le parti de la rue de Solférino a fait subir un sérieux lifting à sa page d’accueil : « Nous gérons deux types de contenus différents : des contenus fixes, comme les pages « Adhérez », « Contactez-nous », etc, et des contenus d’actualité », explique Emile Josselin. Résultat : le tout a été découpé : les contenus fixes occupent, très classiquement, un menu dédié, en haut de la page d’accueil. Les contenus « chauds » sont, eux, enquillés sur le reste de la page d’accueil. Une cascade descendante, construite sur un modèle où la dernière publication se retrouve en première place du site, cela ne vous rappelle rien ? Mais si, voyons : un site de média, tout ce qu’il y a de plus classique.

 page d'accueil du PS

Cette ressemblance avec les sites d’infos va encore un peu plus loin : elle se retrouve également dans les formats éditoriaux adoptés pour traiter l’actu chaude. « Jusqu’à présent, le site servait surtout à mettre en ligne des communiqués de presse. C’est indispensable, mais pas suffisant », poursuit Emile Josselin. La palette dans laquelle l’équipe pioche s’est nettement élargie : chats, déplacements de candidats suivis en live, ou carte : tous ces éléments sont ceux utilisés par les médias en ligne.

Effet nouveauté, côté ludique  et forte capacité à circuler : la « carte des divisions et des erreurs de l’UMP » a, par exemple, été un carton d’audience, au-delà des reprises dans les médias. « Cette page a été vue 26.000 fois. Sur un site d’info classique, ce serait déjà considéré comme un bon score », commente Emile Josselin, ancien journaliste web de 20minutes.fr. Réalisée par l’équipe web et poussée sur le devant de la scène ensuite par Benoit Hamon, le porte-parole du parti, lors d’une très traditionnelle conférence de presse hebdomadaire du parti : cela lui a garanti des reprises médias assez larges, pour un message politique résolument offensif.

Un internet d’opposition versus un internet de gouvernement ?

« C’est vrai que le PS a réalisé un joli coup avec sa carte. Mais on y répondra  … » : à l’UMP, c’est Benoist Apparu, 39 ans, secrétaire d’Etat chargé du Logement et de l’Urbanisme, tête de liste du parti présidentiel dans la Marne, mais également secrétaire national du parti en charge « des communautés numériques », qui répond aux questions sur la stratégie web. Le parti dispose d’une équipe de quatre personnes, « avec des profils de pros du net, plus que de militants ou de permanents classiques », détaille Benoist Apparu. L’équipe accueille notamment depuis quelques mois Cédric Deniaud au poste de conseiller internet, un intitulé qui englobe certaines des fonctions d'un « community manager », l’un des ces nouveaux métiers du web.

L’UMP a également revu l’architecture de sa page d’accueil à la fin de l’année 2009 : comme au PS, le « figé » a été relayé dans un menu en haut de page, quand les éléments plus chauds sont insérés dans un grand bloc qui mise avant tout sur l’aspect visuel, et dans lequel on peut naviguer horizontalement.

Benoist Apparu reconnaît bien volontiers que le site lemouvementpopulaire.fr est d’abord « un site vitrine ». Mais, précise-t-il aussitôt, « sur ce site de marque, on veut également permettre l’expression d’un point de vue, pour les internautes : nous proposons donc régulièrement des formats interrogatifs, dans lesquels les internautes peuvent commenter. » Du commentaire d’actualité, donc, mais qui ne va pas nécessairement jusqu’à la production de contenus au format articles.

Cette différence a une explication très politique, selon le secrétaire d’Etat : « La stratégie internet ne peut pas être la même selon que l’on est dans la majorité ou dans l’opposition, juge-t-il. Quand on est le parti de gouvernement, on est avant tout dans une démarche positive. » Et quand on l’interroge sur le bon score de la carte socialiste, Benoist Apparu s’exclame : « Mais notre lipdub, c’est 1,5 millions de vues ! … »

> Nous poursuivrons ce tour d’horizon de la campagne web, en allant voir les dispositifs d'autres partis, et en nous penchant notamment sur les conséquences que cela entraîne sur la circulation de l’info sur le web.

> N’hésitez pas à nous raconter, en commentaire, la manière dont vous percevez tout cela : est-ce que cela vous intéresse ? Voyez-vous d’autres points remarquables ? 

antoine Antoine Bayet le 19/02/2010

On en parle sur Twitter


5 Comments


Emmanuelle

La carte socialiste prouve que le PS ne propose rien et crtitique. En tant que parti d'opposition on attend de leur part de vraies propositions et pas qu'il se pose la question de comment "faire le buzz". Il est dommage que la communication d'un parti s'en réduise à des contenus de ce type car sur leur site aucun dossier / projet de fond à la différence du nouveau site UMP qui apporte un vrai contenu de qualité

le 19 February 2010 à 11h13
pargatruk

je vous invite à découvrir une étude que j'ai réalisé à J - 30 sur les sites des candidats PS et UMP aux régionales.

c'est regrettable, mais sur les contenus, ce n'est tout de même pas glorieux au niveau bilan et programmes

côté médias sociaux, j'ai fait en sorte de recensé les dispositifs de présence des candidats sur Facebook et Twitter

www.pargatruk.fr

le 19 February 2010 à 1h17
Charles

Du contenu sur le site internet de l'UMP ? ça doit être une blague, Emmanuelle ! Du contenu sur les régionales sur le site de l'UMP je n'en vois pas. Celui qui s'occupe de ce site ne doit pas connaître grand chose au web, tout est statique, à part ce panneau déroulant qui donne le tournis. D'ailleurs RSLN est vraiment gentil avec l'UMP, ça me surprend de le dire mais le PS a vraiment pris l'ascendant sur le web. Quant à l'argument "on propose, eux s'opposent", on l'a tellement entendu, ça devient aussi convaincant que du Frédéric Lefebvre..

le 19 February 2010 à 4h34
David I.

"notre lipdub, c’est 1,5 millions de vues"

Mais 1,5 millions pour rire de la nullité de ce spot beauf !

le 19 February 2010 à 5h07
Pharmf680

Hello! dedbdea interesting dedbdea site!

le 03 June 2010 à 10h13

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