Médias

Verbatims : choses entendues en marge de notre enquête sur l'info numérique

1

Nous n'avons pas eu la place de publier dans les billets rendant compte de notre enquête sur l'information à l'heure numérique toutes les petites phrases glanées auprès des différents acteurs interrogés. En voici un petit best-of...

A propos des réseaux sociaux

Jérôme Bureau, directeur de l'information de M6 :

« Il faut voir les réseaux comme une richesse, ils amèneront plus de démocratie, car plus rien de ne pourra rester caché [...].  En revanche, il faudra apprendre à gérer les dérapages et chacun devra trouver sa place »

Eric Izraelewicz, directeur de la rédaction de La Tribune :

Internet est « une occasion exceptionnelle de se renouveler, de connaître une nouvelle jeunesse ». « C'est passionnant et très positif. »

Bruno Schmutz, directeur général d’Ipsos MediaCT :

« [L'information] est désormais démultipliée, gratuite et surabondante. Les gens sont informés de plus en plus souvent, voire en continu. Créant de nouveaux individus, sous perfusion d'information. Plus il y a de réseaux sociaux, plus on a besoin de journalistes pour apporter de la crédibilité. Ce n'est pas un hasard si les premiers sites d'info sont des sites de médias. »

Marques, vous avez dit marques ?

Eric Scherer, directeur des relations extérieures de l'AFP :

« Dans ce magma, pour être confiant dans l'information véhiculée, on ira vers des marques qui portent cette notion de confiance. »

Christophe Ginisty, blogueur, patron de l'agence de communication Rumeur Publique et auteur de Allons enfants de l'internet

« Les gens ont besoin d'éclaireurs qui leur disent : j'ai vérifié pour vous. »

Jérôme Bureau, directeur de l'information de M6 :

« L'information se construira autour de marques pour se concentrer sur les faits, les commentaires reviendront aux réseaux sociaux ».

Hervé Chabalier, patron-fondateur de l'agence Capa :

« Nous vivons une une révolution. Il faut que les journalistes apportent au net une valeur ajoutée, et non pas qu'ils dévaluent le journalisme à cause du net. [...] Si nous journalistes ne sommes pas capables d'imposer des espaces, des règles qui montrent que ce que nous proposons a une valeur ajoutée par rapport à tout ce qui traîne sur la toile, alors on n'a plus de métier. Je suis par ailleurs absolument favorable à ce qu'il existe des espaces “sauvages”, où les gens peuvent s'exprimer. Cela a une fonction thérapeutique. »

Le juste prix de l'info

Jérôme Bureau, directeur de l'information de M6 :

« Un bon journaliste, ça n'a pas de prix. A condition de ne pas renoncer à la qualité du contenu, car il n'y aura de succès que par l'amélioration du fond, des talents et des compétences. »

Eric Izraelewicz, directeur de la rédaction de La Tribune :

« Après une période d'euphorie, de découverte, on s'aperçoit qu'il faut payer une vraie info, faite par des journalistes, vérifiée, sourcée, avec une expertise et une hiérarchisation. »

Laurent Guimier, directeur éditiorial des sites d'actualité du groupe Lagardère Active :

« Je n'ai jamais perçu un quelconque appétit pour faire payer l'info brute [...] Il faut oublier cette idée. »

Patrick Le Floch, directeur de l'Institut d'Etudes Politiques de Rennes et spécialiste de l'économie des médias :

« Cette notion de valeur ajoutée n'est pas simple. C'est le flou le plus absolu, car l'internaute a l'impression qu'il peut accéder à l'information sans coût. Très peu de sites parviendront à appliquer le modèle du tout payant. Ou alors il faut s'entendre pour que tout le monde passe ensemble au tout payant. »

L'avenir du papier en question

Frédéric Filloux, éditeur de la Monday's Note : 

« Le papier est voué à disparaître, d'ici cinq pour la presse quotidienne, parce que c'est une absurdité économique. Au prix de l'article livré, le papier est trop peu compétitif. Et le matin, le quotidien est déjà obsolète. » 

Francis Morel, directeur général du Figaro :

« La disparition de la presse quotidienne ? Je n'y crois pas un instant d'ici cinq, dix, même vingt ans. Les gens sont attachés au papier. Le quotidien aura toujours sa place, toujours dans l'actualité, mais un peu plus dans l'analyse. » 

Patrick Le Floch, directeur de l'Institut d'Etudes Politiques de Rennes et spécialiste de l'économie des médias :

« Il est très difficile de déterminer l'horizon temporel sur lequel les transformations auront lieu. Les évolutions sont à ce niveau assez lentes à se mettre en place. »

 

> Visuel :

Aperçu de l'album The Geekster Moleskine, par sd, licence CC

> Pour aller plus loin :

- Making-of : pourquoi RSLN s’intéresse à l’info en ligne, par Eric Boustouller, Président de Microsoft France

- Enquête, acte I : une info désintermédiée

- Enquête, acte II : de nouveaux formats

- Enquête, acte III : money, money, money

- Nicholas Lemann (Columbia) : « Le journalisme en ligne fait désormais partie intégrante du journalisme de qualité »

- Pierre Haski : « Sur Rue89, nous publions une vingtaine d’articles par jour, il en faudrait cinquante… »

- Alain Weill : « Le bilan des "newsroom" est excellent »

- Christophe Deloire, directeur du CFJ : « Le web ramène à l'essence du journalisme »

- Reportage : Les geeks sont-ils l'avenir du journalisme ?

- Tous nos articles sur les nouveaux médias

- Vous retrouverez également notre dossier dans le prochain numéro de Regards sur le numérique, version papier. L’abonnement (gratuit), c’est en bas de la home page.

Christophe Joly le 28/07/2010
christophe
Christophe Joly le 28/07/2010

1 Comments


RSLNmag

Le billet que l'on vient de diffuser, c'est un peu la "chanson cachée" de notre enquête sur l'avenir de l'info : http://bit.ly/aiLSLP

le 29 July 2010

Ajouter un commentaire


Loading
biuquote
  • Comment
  • Preview

S'abonner à la newsletter

Votre adresse email sera uniquement utilisée pour vous envoyer la newsletter de RSLN. Microsoft ne l'utilisera pour aucune autre communication, qu'elle soit commerciale ou institutionnelle. Microsoft ne vend ni ne loue ses listes d'abonnées à des tiers.