Gaël Woerly, retour à l'emploi 2.0

Gaël Woerly, retour à l'emploi 2.0 Portrait

Sa vie, Gaël Woerly la raconte d´une traite, en ponctuant son récit de dates précises. Chaque événement est immanquablement rattaché à une année, un mois, un jour. Il n´a pas besoin de fouiller loin dans sa mémoire : sa vie a été découpée en petits tronçons, une succession de paragraphes bien ordonnés sur un CV. Un CV de chômeur. Car, à cinquante ans, ce chef d´entreprise enthousiaste et avenant sort tout juste d´un long tunnel : quatre années de galère au RMI.

Tout avait pourtant bien commencé. Le bac en poche, ce natif de Lille qui a grandi à Saint–Germain–en–Laye part étudier à Nantes. Sur les bancs de la fac, il rencontre sa future épouse et décroche une maîtrise de droit. Tout s´enchaîne naturellement. Pendant près de dix ans, il travaille pour une compagnie d´assurance, avant de devenir conseil en expertise, puis de se mettre à son compte en tant que conseil en défiscalisation. Mais en 2002, sa vie bascule. Sa femme le quitte et Gaël perd « tous ses points de repère ». À la dérive, il quitte son activité le 31 décembre de cette année–là – « une date comme ça, on s´en souvient », souffle–t–il.
Pour panser ses plaies et faire le point, Gaël se réfugie alors dans la maison familiale de Bretagne, loin de tout. Ses économies lui permettent de tenir pendant un an. Au terme d´un bilan de compétences proposé par l´ANPE, il décide de devenir médiateur de mineurs et de majeurs sous curatelle, un domaine qui demande bagage juridique et sens du contact, « deux pôles qui se retrouvent dans tout ce que je fais », constate–t–il. Mais à l´issue de son stage de formation, il se heurte à un mur : il n´y pas de poste. Sans ressources – son statut d´indépendant lui a fermé les portes de l´allocation chômage – Gaël devient RMIste.

Pour « éliminer le superflu et trouver des points de repère », Gaël part alors, sac au dos, sur le chemin de Saint–Jacques–de–Compostelle. Il recharge un peu ses batteries. Juste assez pour se laisser attirer par les sirènes du coaching.
En 2004, il parvient à réunir les fonds nécessaires pour financer un master de coaching. Ce troisième cycle, qui lui apprend à déceler ses appréhensions et à les dépasser, se révèle « très intéressant d´un point de vue intellectuel ». Intellectuel seulement, car il ne lui offre aucun débouché. La galère reprend, rythmée par les petites annonces et les envois de CV qui restent sans réponse. À 46 ans, Gaël se sent paumé, inutile.

« Vous êtes passionné d´informatique… »

Reste l´informatique. Gaël s´aperçoit que les ordinateurs l´ont accompagné durant toute sa vie professionnelle. En 1988, déjà, il avait informatisé son agence d´assurance et se servait de l´une de ces « grosses machines » pour sa comptabilité. Pour s´occuper, et aussi se faire la main, il décide d´aider sa famille et ses amis à s´équiper. à la même époque, il tombe sur une petite annonce qui propose à d´ex–détenus, d´anciens toxicomanes et autres marginaux de se réinsérer en réparant et en revendant des ordinateurs. Gaël, qui se sent proche de ces exclus et « heureux quand [il] peut aider », trouve l´idée enthousiasmante. Il se prend à rêver de monter une structure similaire. Mais le rendez–vous avec le gérant ne donne rien. Retour à la case départ, une fois de plus.
Malgré tout, Gaël s´accroche. Il entreprend de faire valider ses connaissances informatiques et s´inscrit à l´école nantaise d´informatique (ENI). En février 2006, il se rend à –l´ANPE avec un nouvel objectif : s´installer à son compte. Alors qu´il attend son entretien, il consulte sans plus y croire les annonces qui – signe du destin ? – sont publiées pour la première fois sur support numérique. L´une d´entre elles retient son attention : « Vous êtes passionné d´informatique… » Un jeune patron de Nantes dont la société, OBUG, est spécialisée dans la réparation, le conseil et la formation informatique, cherche des candidats pour développer des franchises dans d´autres villes de France. Cette fois, le courant passe entre les deux hommes.
Tous deux sont animés par la même passion de l´informatique et par la volonté d´aider les autres. Mais Gaël n´est pas au bout de ses peines : il lui faut créer une entreprise – nouveau parcours du combattant –, trouver un local à Brest, un appartement (et donc des cautions), et, surtout, un financement.

D´après son prévisionnel, il a besoin de 9 000 euros. L´ANPE l´oriente alors vers l´Association pour le droit à l´initiative économique (Adie), une structure qui finance grâce au microcrédit les projets des créateurs d´entreprise qui n´ont pas accès au crédit bancaire, notamment les chômeurs et les RMIstes comme lui. L´Adie l´accompagne dans les nombreuses et tortueuses démarches administratives, mais aussi dans la gestion et le développement de son activité.
Le 24 avril 2006, Gaël Woerly prend enfin possession de ses nouveaux locaux. Deux jours plus tard, il est inscrit à la Chambre des métiers. OBUG Brest est né. Les journées sont longues. Il y a des périodes de creux. Mais qu´importe. Gaël vient de mettre un terme à quatre ans de chômage. Un bonheur n´arrivant jamais seul, l´Adie le recontacte dans la foulée pour lui proposer de s´occuper de la formation informatique des créateurs d´entreprise qu´elle finance.
Cette formation de trois jours, développée en partenariat avec Microsoft depuis 2005, permet à un public très hétérogène et marginalisé de se familiariser avec l´ordinateur, de découvrir les programmes de base comme Word et Excel, et d´apprendre à surfer.

Lever les appréhensions informatiques

L´Adie travaille également au développement de nouvelles formations, comme, toujours avec l´aide de Microsoft, le programme « Ma boîte sur Internet », qui vise à donner aux entrepreneurs les clefs pour créer facilement un site web et augmenter ainsi leur visibilité sur le Net. Pour Gaël, animer ces différentes formations est l´occasion d´appliquer les concepts du coaching : à l´instar de ce qu´ il fait avec ses propres clients, il aide les entrepreneurs à « lever leur appréhension informatique. Plus on prend de l´âge et plus la partie "découverte de l´ordinateur" est importante pour faire disparaître les appréhensions, ajoute–t–il, impressionné par la motivation des participants : c´est comme de verser de l´eau sur une éponge sèche ! »

Aujourd´hui, Gaël Woerly a presque remboursé ses emprunts. La trésorerie d´OBUG Brest est dans le vert et il compte développer une seconde structure réservée aux professionnels. Il veut aussi embaucher quelqu´un d´ici à la fin de l´année. En parallèle, il continue d´animer les stages informatiques de l´Adie. Ses journées sont toujours aussi longues, et il ne s´en plaint pas. à voir ses yeux rieurs et à entendre son ton bienveillant, on le croit sans peine quand il déclare : « Mes vacances, c´est les clients. Quand je suis chez eux, je suis heureux. »

 

GAËL WOERLY EN QUELQUES DATES

1958 : naissance à Lille

1984 : obtient une maîtrise de droit à Nantes

1985–1994 : travaille comme agent d´assurance

2001–2002 : se met à son compte en tant que conseil en défiscalisation

2002 : divorce et quitte son activité

2003 : se retrouve au chômage sans indemnité et devient RMIste

2004 : perfectionne ses connaissances informatiques en équipant sa famille et ses proches

2005 : obtient un diplôme de l´ENI, l´école nantaise d´informatique

2006 : crée OBUG Brest avec le soutien de l´Adie. Devient formateur informatique pour les créateurs d´entreprise soutenus par l´Adie et par Microsoft

 

Photo : © Mat Jacob/ Tendance Floue

emma emma le 04/09/2008

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3 Comments


moi

Le service est désastreux, on se demande si le gars connait vraiment son boulot. Lamentable, 95 euros pour un résultat "0". Seul réponse du soit disant professionnel : "Je n'ai pas d'obligation de résultat" !!! Je vous laisse juger.

le 07 March 2012 à 1h01
bardet

Un peu facile de dénigrer sans plus d'explication .....

le 12 May 2012 à 7h42
Moi

Et il faut quoi comme explications ?
Ma machine était complétement infecté par des virus, le gars prend en charge ma machine. Reviens deux jours plus tard, me facture, j'allume la machine et là, elle ne démarre même pas. Je rappel et hop, le gars ne voulait rien entendre. Je vais dans un labo technique à Brest, le technicien regarde et il me dit que la machine est vérolé et qu'il faut récupérer les données pour réinstaller mon windows vista > côut de l'opération 60 euros et tout fonctionne à merveille... Donc à fuire !!!!!

le 03 August 2012 à 10h20

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biuquote
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